Show Me a Hero – Partie 4/6 : Assumer

Cette quatrième partie est chargée, s’étalant sur une très longue période. Elections, défaites, victoires, retour de nulle part… Qu’importe les obstacles que la vie nous impose, les assumer est toujours la clé pour s’en sortir.

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Pour Nick, c’est la défaite qu’il faut assumer. Une défaite prévisible. Et une nouvelle vie à mener, loin du siège de maire. On nous dépeint ainsi un quotidien digne d’un dimanche flemmard : Nick, en survêt’ et jean, s’improvisant bricoleur dans une maison aussi délabrée que sa carrière politique, arrêtée prématurément. Voir cette séquence de Nick s’obstinant à réparer les défauts de sa maison appelle deux interprétations : pour retrouver la sérénité, il faut prendre soin de soi. En retapant sa maison, c’est lui-même que Nick « répare » ; aussi, une fois la politique derrière lui, Nick, qui vivait de sa fonction, voit enfin des défauts qu’il n’avait jamais pris le temps de constater, auparavant, dans son propre lieu de vie. La défaite oblige à l’humilité, et à prendre du recul pour mieux voir ses défauts, pour les assumer. En cela, cette séquence, simple en apparence, est riche d’enseignement sur son message et la personnalité de Wasicsko.

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Et il y a une chose que Nick a assumé jusqu’au bout, son respect de la loi et du projet de construction de logements sociaux à Yonkers, lorsqu’il était maire. Une position courageuse, assumée, donc, qui lui vaut la reconnaissance et ce prix Profile in Courage.

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Le personnage de Spallone, interprété pour le toujours impeccable Alfred Molina, est montré dans toute sa splendeur. Politicien habile, il promet la Lune aux habitants de Yonkers, et donc la non construction des logements sociaux. Du populisme à l’état pur, à des fins électorales. Avant de retourner sa veste, en politicien typique, à peine élu : « Si le jugement nous est défavorable, nous l’appliquerons. » Une phrase au bon goût de trahison, que seule Mary note, dans le public assistant à son discours de victoire. Car assumer la victoire, pour Spallone, est un poids bien trop lourd à porter, une fois l’engouement électoral passé. « Rien n’a changé depuis le mandat de Wasicsko », lâche-t-elle devant le roublard Spallone. Eh oui, c’est ça la politique. C’est d’ailleurs le retour de bâton pour Spallone, qui reprochait justement, en début d’épisode, à un journaliste new-yorkais, de n’assumer aucun lien avec Yonkers.

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Assumer, c’est aussi, évidemment, au centre de l’intrigue du couple afro-américain que nous suivons. John, rattrapé par ses « conneries », finit en taule, et ne tient pas sa promesse d’élever son propre fils. Pendant que sa petite amie, Billie, enceinte, doit assumer seule sa situation, comme elle le craignait. Assumer la maternité, un problème de taille également pour Doreen et cette séquence hallucinante durant laquelle son père prend conscience de la misère sociale et psychologique dans laquelle se trouve sa fille et son petit-fils. Il faut se battre pour assumer son rôle de mère avec réussite. Seule Carmen, pour l’instant, semble se rapprocher d’une éducation réussie de ses enfants.

BaroKilleR : 9/10

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