Show Me A Hero – Partie 5/6 : Lâcher prise

Il faut savoir s’arrêter à temps. Comprendre quand lutter n’est plus utile, et avancer pour tourner la page et en écrire une nouvelle. Ce que n’accepte pas Nick, dans cette avant-dernière partie de Show Me a Hero.

Remis en confiance par son prix Profile in Courage, Nick se voit de nouveau à la tête de Yonkers, certain « d’écraser » ses futurs adversaires. Mais ses soutiens ont déjà tourné la page Wasicscko, comme son ancien chef de cabinet.

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Cette nouvelle page doit s’écrire avec Zaleski. Si Nick ne peut s’y résoudre, tous les autres décideurs l’ont déjà décidé. Le débat sur les logements sociaux a laissé beaucoup trop de traces. Comme il est rappelé en début d’épisode, c’est aux autres de souligner l’importance du prix remporté par l’ancien maire de Yonkers, non lui-même, sans quoi c’est son égo qui veut se présenter aux élections, non ses ambitions. Et Nick, trop sûr de lui, ne veut pas dévorer qu’une part du gâteau, mais son intégralité. Même les conseils de Vinni, pour lui assurer un avenir politique plus raisonnable, n’y font rien. Encore moins ceux de Terry Zaleski lui-même, symbole du renouveau sur lequel les Démocrates placent tous leurs espoirs, et nouveau pire ennemi de Nick. Wasicsko ne lâchera rien, veut jouer un double jeu, et risque de précipiter sa propre chute. Se sacrifier dans un premier temps, pour ensuite espérer se rapprocher du siège tant convoité.

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Ce qui n’arrive pas, évidemment. Pour son intégrité, Nick n’aurait même pas dû se lancer dans la bataille. Son acharnement ne fait que l’enfoncer un peu plus. Presque battu dans sa propre circonscription, une « honte » comme il l’avoue lui-même, il garde cet espoir fou que les voyants passent de nouveau au vert, en sa faveur.

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Ce lâcher prise est aussi illustré par la loterie mise en place pour choisir les futurs locataires des logements sociaux. Comment baisser les bras lorsque la promesse d’une vie meilleure vous tend les bras, et ne tient qu’à une ridicule roue qui tourne avec des dizaines de bouts de papier ? Carmen s’accroche à un infime espoir, son avenir s’écrivant sur la liste d’attente. Bien loin d’un des logements, donc. Abandonner son futur au plus grand des hasards. Un lâcher prise qui en cache un autre, celui de la tactique Bob Mayhawk, dégainée pour, enfin, avancer sur le dossier des logements sociaux, en arrondissant tous les angles possibles et imaginables. La question des murs est réglée, reste celle de savoir « qui » mettre à l’intérieur. En réalité, le projet vire au sketch de mauvais goût, comme s’en rend compte Nick, spectateur de cette loterie à l’arrière-goût douteux. Tant de luttes, de sacrifices, pour un avenir qui se décide finalement à la loterie.

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Celle qui n’a pas baissé les bras, et qui renaît, littéralement, c’est Doreen. La drogue et les quartiers merdiques sont derrière elle. « Je suis plus forte qu’avant », dit-elle, lucide, à ses parents. Devant elle, une vie destinée aux autres, à l’action sociétale, à une vie saine. Ce qu’aurait dû faire Billie, qui reste encore et toujours sous l’emprise de son compagnon, John, bien trop incontrôlable pour lui assurer une vie de famille un minimum stable.

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Un autre homme a lâché prise, c’est évidemment Hank Spallone. La grande gueule éternelle a perdu son pari contre le projet de logements sociaux, et ne peut que tourner la page de sa carrière politique. De quoi faire jubiler le journaliste du New York Times que l’ancien maire avait si violemment taclé dans l’épisode précédent.

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Mary Dorman, elle, a lâché prise. D’une certaine manière : elle n’est plus la femme craintive du début de la série. Consciente que le projet de logements sociaux ne pouvait être combattu, elle met ses préjugés de côté et embrasse l’avenir de son quartier. Elle s’implique, va à la rencontre de ces nouveaux locataires, et avance, tout simplement. Et l’on repense à la fin de la partie 2/6, et cet échange marquant entre Nick et Mary, au téléphone. Les rôles étaient inversés. Nick voulait avancer, lutter en faveur du projet, pendant que Mary s’acharnait à le faire annuler. Désormais, c’est lui qui s’acharne dans le passé, et elle qui avance vers le futur.

BaroKilleR : 9,5/10

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